Five Poems 
by ALOYSIUS BERTRAND
translated by LINWOOD RUMNEY
with JESSICA RAE HAHN




Haarlem

           When Amsterdam’s golden rooster sings
           the golden hen of Haarlem weighs.
                     —The Centuries of Nostradamus

Haarlem, that stupendous little tableau whose excesses epitomize the Flemish School; Haarlem, painted by Jean Breughel and Peeter Neef, David Téniers and Paul Rembrandt.

And the canal where blue water trembles, and the church where glass glows gold, and a stone balcony where clothes dry in the sun, and rooftops green with hops.

And storks gathered around the belltower, beating their wings, stretching their necks to the sky, opening their bills to receive drops of rain.

And the cavalier mayor stroking his double chin, and the lovesick florist wasting away, enchanted by a tulip.

And a gypsy swooning over her mandolin, and an old man pounding the rommelpot, and an infant whose bladder swells.

And a drinker smoking in a seedy bar, and a hotel servant at the window, hanging a dead pheasant.
 ​



HARLEM

          ​Quand d'Amsterdam le coq d'or chantera
          La poule d'or de Harlem pondera.
                    —Les Centuries de Nostradamus.

Harlem, cette admirable bambochade qui résume l'école flamande, Harlem peint par Jean 
Breughel, Peeter Neef, David Téniers et Paul Rembrandt;

Et le canal où l'eau bleue tremble, et l'église où le vitrage d'or flamboie, et le stoël où 
sèche le linge au soleil, et les toits, verts de houblon;

Et les cigognes qui battent des ailes autour de l'horloge de la ville, tendant le col du haut 
des airs et recevant dans leur bec les gouttes de pluie;

Et l'insouciant bourguemestre qui caresse de la main son menton double, et l'amoureux 
fleuriste qui maigrit, l'oeil attaché à une tulipe;

Et la bohémienne qui se pâme sur sa mandoline, et le vieillard qui joue du Rommelpot, et 
l'enfant qui enfle une vessie;

Et les buveurs qui fument dans l'estaminet borgne, et la servante de l'hôtellerie qui 
accroche à la fenêtre un faisan mort.






The Mason

          “Chief Mason: Marvel at these bastions and 
          buttresses. They seem built for eternity.”
                    —Schiller, William Tell

Abraham Knupfer sings, trowel in hand, scaffolded so high up as he examines the cathedral bell’s inscription that his feet on the staging dangle over the gothic church’s 30 flying buttresses, over the city with 30 churches.

He sees stone gargoyles spew slates of water into the abyss of corridors, of windows, of pendentive domes, of belfries, of towers and turrets, of rooftops and wooden frames...while a falcon glides past, a streak in the grey distance hovering on notched and steady wings.

He sees battlements silhouetted in starlight, the citadel bloated like a hen in a cake, courtyards where sun dries up the fountains, the monastery cloisters as shadows revolve around the pillars...

The imperial guard is stationed at the edge of town. A cavalryman is drumming out there! Abraham Knupfer can distinguish his tricorne hat, his bright red wool coat, his cockade's pleated loop, his ponytail braided with a ribbon.

He can see even more—on an emerald lawn in a park ornamented with ancient trees, mercenaries take practice shots at a wooden bird nailed to the top of a maypole, riddling it with holes.

And in the evening as he descends the ladder, after the melodious cathedral nave falls asleep—lying with its arms crossed—Abraham Knupfer beholds on the horizon a village set burning by these men of war, a whole village blazing like a comet in the sky.




​LE MAÇON.

          Le maître Maçon.—Regardez ces
          bastions, ces contreforts: on les
          dirait construits pour l'éternité.
                    —SCHILLER.—Guillaume Tell.

Le maçon Abraham Knupfer chante, la truelle à la main, dans les airs échafaudé, si haut
que, lisant les vers gothiques du bourdon, il nivelle de ses pieds et l'église aux trente arcboutants, et la ville aux trente églises.

Il voit les tarasques de pierre vomir l'eau des ardoises dans l'abîme confus des galeries,
des fenêtres, des pendentifs, des clochetons, des tourelles, des toits et des charpentes, que
tache d'un point gris l'aile échancrée et immobile du tiercelet.

Il voit les fortifications qui se découpent en étoile, la citadelle qui se rengorge comme une
géline dans un tourteau, les cours des palais où le soleil tarit les fontaines, et les cloîtres
des monastères où l'ombre tourne autour des piliers.

Les troupes impériales se sont logées dans le faubourg. Voilà qu'un cavalier tambourine
là-bas. Abraham Knupfer distingue son chapeau à trois cornes, ses aiguilles de laine
rouge, sa cocarde traversée d'une ganse, et sa queue nouée d'un ruban.

Ce qu'il voit encore, ce sont des soudards qui, dans le parc empanaché de gigantesques
ramées, sur de larges pelouses d'émeraude, criblent de coups d'arquebuse un oiseau de
bois fiché à la pointe d'un mai.

Et le soir, quand la nef harmonieuse de la cathédrale s'endormit couchée les bras en croix,
il aperçut de l'échelle, à l'horizon, un village incendié par des gens de guerre, qui
flamboyait comme une comète dans l'azur.






The Schoolboy from Leiden

          One cannot be too careful these days, for 
          counterfeiters have settled in this country. 
                     —The Siege of Bergen-op-Zoom

He sits in his velvet chair from Utrecht, Mr. Blasius, his chin sticking out of his fine-lace ruff as though he were a dressed turkey served on a glittery platter.

He sits at his counting desk stacking his precious coins while I, a poor schoolboy from Leiden, wearing little more than a cap and tattered breeches, stand on one foot like a crane perched on a pole.

Reaching for a lacquer box decorated with strange chinoiserie figures, he retrieves his little scale, his trebuchet; its limbs unfold like the long legs of a spider emerging from a motley tulip. 

With his stiffly elongated face and his bony fingers that tremble as he uncouples the gold pieces, doesn’t he resemble a thief caught in the act, forced at gunpoint to give back to God treasures won with the devil?

My florin, sir, which you examine so closely, is less suspect than your little gray eye, fuming behind your magnifying glass like a poorly extinguished oil lamp.

The trebuchet reloaded in its brilliant box of bizarre figures, Mr. Blasius half-rises in his velvet chair from Utrecht, and I, the poor unworthy schoolboy from Leiden, bow deeply, retreating backwards towards the door.



L'ÉCOLIER DE LEYDE.

          On ne saurait prendre trop de
          précautions par le temps qui court,
          surtout depuis que les faux-monnayeurs
          se sont établis dans ce pays-ci.
                    —Le Siège de Berg-op-Zoom.

Il s'assied dans son fauteuil de velours d'Utrecht, messire Blasius, le menton dans sa 
fraise de fine dentelle, comme une volaille qu'un cuisinier s'est rôtie sur une faïence.

Il s'assied devant sa banque pour compter la monnaie d'un demi-florin; moi, pauvre 
écolier de Leyde, qui ai un bonnet et une culotte percée, debout sur un pied comme une 
grue sur un pal.

Voilà le trébuchet qui sort de la boîte de laque aux bizarres figures chinoises, comme une 
araignée qui, repliant ses longs bras, se réfugie dans une tulipe nuancée de mille couleurs.

Ne dirait-on pas, à voir la mine allongée du maître, trembler ses doigts décharnés 
découplant les pièces d'or, d'un voleur pris sur le fait et contraint, le pistolet sur la gorge, 
de rendre à Dieu ce qu'il a gagné avec le diable?

Mon florin que tu examines avec défiance à travers la loupe est moins équivoque et 
louche que ton petit oeil gris, qui fume comme un lampion mal éteint.

Le trébuchet est rentré dans sa boîte de laque aux brillantes figures chinoises, messire 
Blasius s'est levé à demi de son fauteuil de velours d'Utrecht, et moi, saluant jusqu'à terre, 
je sors à reculons, pauvre écolier de Leyde qui ai bas et chausses percés.​






The Five Fingers of the Hand

          A respectable family that’s never known 
          bankruptcy, in which no one has ever been 
          hanged.
                    —The family history of Jean de Nivelle

The thumb is a fat Flemish innkeeper, bawdy and surly, smoking at his tavern door next to the sign for Spring’s double lager.

The index finger, vexing as the most pungent dried cod, is his wife, bellowing all day at the servant girl she envies as she coddles her flask, the one thing she truly adores.

The middle finger is their son; handsome as a tree carved with an axe, he’d be a soldier if he weren’t tending bar, and a horse’s ass if he weren’t a man.

The ring finger is their daughter, a swift and aggravating girl who flits about selling lace to rich woman without offering even a smile to our cavalry-men.

The pinky, the finger stuck in the ear, is their dear little boy—a whiny brat who trails his mother all day, sobbing and pouting as though dangling from an ogre’s meat hook.

What a stupendous smack in the face!—these five fingers of the hand, a five-petaled flower sown in the beds of the noble city of Haarlem.




LES DOIGTS DE LA MAIN.

          Une honnête famille où il n'y a
          jamais eu de banqueroute, où personne
          n'a jamais été pendu.
                    —La parenté de Jean de Nivelle.

Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur goguenarde et grivoise, qui fume sur 
sa porte, à l'enseigne de la double bière de mars.

L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui dès le matin soufflette sa 
servante dont elle est jalouse, et caresse la bouteille dont elle est amoureuse.

Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à la hache, qui serait soldat s'il n'était 
brasseur, et qui serait cheval s'il n'était homme.

Le doigt de l'anneau est leur fille, leste et agaçante Zerbine qui vend des dentelles aux 
dames et ne vend pas ses sourires aux cavaliers.

Et le doigt de l'oreille est le Benjamin de la famille, marmot pleureur, qui toujours se 
trimballa à la ceinture de sa mère comme un petit enfant pendu au croc d'une ogresse.

Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuilles qui ait jamais 
brodé les parterres de la noble cité de Harlem.






Moonlight

          “Wake up, you sleeping rabble—
           wake up and pray for the dead.”
                    —The cry of the night-watchman

When the night hour shakes the belltower, how sweet to study the face of the moon! Its nose glimmers like a gold coin. . .  

***  

Each night two lepers wail under my window, a dog howls in the town square, and the cricket in my hearth chants its little prophecies.

Soon enough my ear surveys only a deep silence. The lepers retreat to their monastery kennels as the bell rings wildly again, like a drunk beating his wife.

The dog slinks into an alley. Even the nightwatchmen are now dozing, rusting beside their halberds from blasts of rain and icy wind.

And as soon as the last smouldering cinder goes out in the fire, the cricket finally falls into a trance. . .

In this fever, I think the moon is sticking its tongue out at me, grimacing like a hanged man.

To Louis Boulanger, Painter​




LE CLAIR DE LUNE.

          Réveillez-vous, gens qui dormez,
          Et priez pour les trépassés.
          —Le cri du crieur de nuit.

Oh! qu'il est doux, quand l'heure tremble au clocher, la nuit, de regarder la lune qui a le 
nez fait comme un carolus d'or!

***

Deux ladres se lamentaient sous ma fenêtre, un chien hurlait dans le carrefour, et le 
grillon de mon foyer vaticinait tout bas.

Mais bientôt mon oreille n'interrogea plus qu'un silence profond. Les lépreux étaient 
rentrés dans leur chenils, aux coups de Jacquemart qui battait sa femme.

Le chien avait enfilé une venelle, devant les pertuisanes du guet enrouillé par la pluie et 
morfondu par la bise.

Et le grillon s'était endormi, dès que la dernière bluette avait éteint sa dernière lueur dans 
la cendre de la cheminée.

Et moi, il me semblait,—tant la fièvre est incohérente,—que la lune, grimant sa face, me 
tirait la langue comme un pendu!

 A M. Louis Boulanger, Peintre.























ALOYSIUS BERTRAND (1807-1841) is generally considered the first practitioner of the modern prose poem. His work influenced proto-Symbolist and Symbolist writers, particularly Charles Baudelaire and Stéphane Mallarmé. His only collection, Gaspard de la nuit, was published in 1842, a year after he died from tuberculosis. He lived most of his life in Dijon.

LINWOOD RUMNEY’s poetry has appeared in Ploughshares, North American Review, Potomac Review, Superstition Review, and elsewhere. Nonfiction is forthcoming from KR Online. He is currently pursuing a PhD at the University of Cincinnati. 

JESSICA RAE HAHN received her MFA from Emerson College. Her work has appeared or is upcoming in Cerise Press, Seneca Review, and the Marie Alexander Flash Sequence Anthology, among others. She teaches visual arts and pre-Kindergarten, and lives in Cincinnati.





The Adirondack Review
SPRING 2014